Une gorgée avec Christophe Roumier (Chambolle-Musigny, Bourgogne)

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Tout comme Laurent Ponsot, j’ai rencontré Christophe Roumier pour la première fois pendant le procès de Rudy Kurniawan à New York en décembre 2013. Les bouteilles du domaine G. Roumier ont également été victimes du faussaire de grands crus. Christophe Roumier, petit-fils de Georges Roumier, a représenté le domaine G. Roumier pendant le procès, mais je n’avais pas eu le temps de parler au viticulteur lors de cet événement.

En septembre dernier, pour le dernier jour des vendanges, je me suis rendue à son domaine à Chambolle-Musigny pour le Bien public. Au milieu de ses vendangeurs, Christophe Roumier parle de la pluie et du beau temps. Et de ces très belles vendanges. « Le raisin était tellement beau cette année », souffle-t-il. Son équipe, composée de vingt-cinq coupeurs, s’est affairée dans les vignes pendant six jours. « J’ai les mêmes personnes qui reviennent tous les ans, avec un tiers qui change d’une année à l’autre, c’est positif, ça fait du mouvement. » Ensemble, ils ont écumé les presque douze hectares du domaine qui s’étendent sur les plus belles parcelles bourguignonnes : Clos de la Bussière à Morey-Saint-Denis, Les Amoureuses et Bonnes Mares à Chambolle-Musigny.




Le raisin est d’une grande qualité, mais comme tous les viticulteurs de la Côte, il regrette le manque de quantité. « Au final, le volume que l’on ramasse dans les rangs est celui que l’on va retrouver dans les cuves, décrit-il. Quand on voit un raisin si parfait et homogène, on aimerait qu’il y en ait plus ! »

La quantité, c’est le défaut de l’année 2015. Personne ne sait si la faute en revient à la sécheresse, ou simplement à l’année qui n’a fourni qu’un petit rendement. « Maintenant, la surprise, ça va être de voir le véritable volume en vin que nous allons avoir dans les caves », précise-t-il. Cela n’empêche pas le viticulteur de s’aventurer à penser que « la sécheresse va apporter du caractère au millésime ».

Devant ses cuves, des touristes allemands et tchèques l’accostent. Ils veulent lui acheter quelques bouteilles. Christophe Roumier leur explique qu’il ne vend rien à la propriété : « Il faut aller voir les cavistes de Beaune, ils en ont peut-être encore ».

Quand on sait que son musigny Grand Cru est produit en très petites quantités – 350 bouteilles en moyenne par an – seul un coup de chance peut permettre un achat. « Vous trouverez également mes vins chez Loiseau des Ducs ou encore La Maison Lameloise ( des restaurants étoilés ) », conclut-il.

Retour à la réalité. Les visiteurs de passage avaient presque oublié qu’ils étaient chez Georges-Roumier, l’un des domaines les plus prestigieux du monde.

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