Une gorgée avec Sylvain Pataille ( Marsannay-la-Côte, Bourgogne)

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Sylvain Pataille a toujours baigné dans le monde du vin. « Je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit », s’amuse-t-il à dire. À l’inverse du personnage d’Uderzo, Sylvain Pataille a continué à se nourrir de ce nectar. Il y a 16 ans, le viticulteur en devenir préparait ses premières potions dans un laboratoire avec son premier hectare de vignes. Deux ans plus tard, il acquiert trois hectares et demi et se jette corps et âme dans la production viticole. Il veut respecter la tradition de Marsannay en produisant du blanc, du rouge et surtout, du rosé. « On a tous envie de garder le rosé mais, au sein de ma production, il n’a pas cessé de décroître », admet le viticulteur.

Le changement du style de production avec une priorité pour la qualité, plutôt que la quantité, a fait très vite exploser les prix des vins, provoquant la disparition de la bouteille à moins de 10 euros. « Le rosé s’est retrouvé coincé là-dedans », analyse-t-il. Car les prix sont dictés par les domaines provençaux et leurs vins à 2,50 euros hors taxes. Au final, le rosé ne représente plus que 4 à 5 % de sa production totale.




Pourtant, même si la quantité baisse, le producteur ne lésine pas sur la qualité pour en faire du haut de gamme. C’est d’ailleurs son leitmotiv. La “Fleur de Pinot” n’a pas le parcours traditionnel du rosé. Ni même le goût. Il est élevé vingt-deux mois en fût et prend près de deux ans à produire. « Quand on va voir les supermarchés avec un rosé de l’année d’avant, ils ne nous le prennent pas, car ils ne veulent pas de décalage. Ce sont des bouteilles qui pourraient être considérées comme des invendues », indique Sylvain Pataille. « Du coup, je ne travaille plus avec eux ! » Le producteur ne veut pas faire du rosé un sous-produit concocté à partir de raisins qui n’ont pas servi pour les rouges. Des parcelles de 65 ans d’âge sont réservées exclusivement pour la production de son rosé.

Récemment, Sylvain Pataille a ouvert un millésime 2005 de la “Fleur de Pinot”. « Il avait déjà 10 ans, mais au final, il aurait encore pu être gardé et ouvert dans cinq ans », se rappelle-t-il. Comme les vins de garde traditionnels.

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